samedi 31 mars 2007
Un âne peut braire
30.03.07 | 10h36
Un couple d'habitants d'un village de l'Eure a été débouté d'une demande de dommages et intérêts pour des troubles que lui auraient occasionnés les braiments de l'âne de leur voisine, a-t-on appris vendredi auprès du tribunal d'instance de Bernay.
Le tribunal a estimé que les braiments de l'âne Pedro, du petit village de Saint-Germain-la-Campagne, ne pouvaient être considérés comme constituant un "trouble excessif du voisinage".
Le couple dérangé par l'âne réclamait 3.500 euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi.
Le jugement rendu jeudi met fin à une longue bataille autour de la liberté de Pedro de s'exprimer, lancée en 2003 par ses voisins irascibles, qui l'avaient poursuivi même après leur déménagement.
Leurs successeurs avaient eux rejoint le comité de soutien de Pedro qui s'était formé dans le village.
source: http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-30335665@7-52,0.html
vendredi 23 mars 2007
Charlie Hebdo Jugement de la 17eme chambre
Extraits
jeudi 22 mars 2007 PARIS 17eme chambre
LE RAPPEL DES FAITS
Le 30 septembre 2005, le quotidien danois JYLLANDS-POSTEN a publié un article intitulé “Les visages de Mahomet “, accompagné de douze dessins.
Flemming ROSE, responsable des pages culturelles de ce journal, a expliqué avoir souhaité opposer une réaction éditoriale à ce qui lui était apparu relever d’une autocensure concernant l’islam à la suite de l’assassinat du cinéaste Théo VAN GOGH ; il a plus spécialement évoqué la difficulté pour l’écrivain danois Käre BLUITGEN de trouver un dessinateur acceptant d’illustrer un livre pour enfants consacré à la vie du prophète MAHOMET - un seul ayant consenti à le faire mais en conservant l’anonymat ; ce qui l’a conduit à s’adresser aux membres du syndicat danois des dessinateurs de presse en les invitant à dessiner MAHOMET tel qu’ils se le représentaient.
À la suite de cette diffusion initiale, plusieurs manifestations et autres publications ont eu lieu dans le monde. Ainsi, une première manifestation de protestation a rassemblé 3 000 personnes au Danemark le 14octobre 2005 ; un journal égyptien a ensuite publié certains de ces dessins sans réaction des autorités de ce pays. A la fin de l’année 2005 et au début de l’année 2006, des organisations islamiques ont dénoncé la diffusion des caricatures du prophète MAHOMET et de nombreuses manifestations violentes se sont déroulées, notamment au Pakistan, en Iran, en Indonésie, en Libye ou au Nigéria, au cours desquelles des manifestants ont brûlé le drapeau danois ou s’en sont pris aux représentations diplomatiques, certains d’entre eux ayant trouvé la mort à l’occasion de ces rassemblements de rues.
Il convient de relever, à cet égard, que plusieurs personnes ont mis en doute la spontanéité de certaines de ces manifestations, en faisant notamment valoir que des “imams autoproclamés” avaient délibérément ajouté aux douze dessins d’origine des représentations outrageantes du prophète, versées aux débats par la défense, qui le montraient avec une tête de cochon ou comme un pédophile.
Le 1er février 2006, le quotidien FRANCE SOIR a publié à son tour les caricatures danoises, ce qui a entraîné le licenciement de son directeur de la publication, Jacques LEFRANC.
Par assignations en référé à heure indiquée en date du 7 février 2006, cinq associations, dont les deux parties civiles à présent poursuivantes, ont notamment demandé au président du tribunal de grande instance de Paris de faire interdiction à la société éditrice de CHARLIE HEBDO de mettre en vente l’hebdomadaire dont la parution était prévue pour le lendemain. Par ordonnance du 7 février 2006, ces assignations ont été déclarées nulles pour violation des prescriptions de l’article 53 de la loi du 29 juillet 1881 invoqué tant en défense que par le ministère public.
C’est dans ces circonstances que le mercredi 8 février 2006, le journal CHARLIE HEBDO a publié un “NUMERO SPECIAL” (n° 712) presqu’intégralement consacré aux “caricatures de MAHOMET A la une de ce numéro, sous le titre: “MAHOMET DEBORDE PAR LES INTEGRISTES”, figure un dessin de CABU montrant un homme barbu se tenant la tête dans les mains en disant: “C'est dur d’être aimé par des cons... ".
En pages 2 et 3 de cette publication, les douze caricatures parues au Danemark, de styles et de portées extrêmement différents, sont reproduites en petit format en haut et en bas d’un encadré, avec pour titre : "CACHEZ CES DESSINS QUE JE NE SAURAIS VOIR", sous lequel figurent, d’une part, un texte émanant de L’ASSOCIATION DU MANIFESTE DES LIBERTES (AML) intitulé “Pour la liberté d’expression ! ” et, d’autre part, un dessin de WOLINSKI qui présente un homme barbu hilare ayant en mains un document titré “CARICATURES”, avec cette légende : “Mahomet nous déclare c'est bien la premièrefois que les Danois me font rire !” . A droite, sur deux colonnes, “L'EDITO par Philippe Val intitulé : "Petit glossaire d’une semaine caricaturale", rassemble les réflexions du directeur de la publication de l’hebdomadaire sous diverses rubriques : Prophète Mahomet, Le droit à la représentation, Rappel historique, Troisième Guerre mondiale, La bombe dans le turban, Liberté d’expression, Amalgame, Tabou, Racisme, Victimes, Immobilité.
Les pages suivantes présentent, sur le même thème central, de nombreux autres dessins (notamment de TIGNOUS, CHARB, RISS, HONORE, LUZ, WOLINSKI, SINE) et articles (intitulés par exemple "2005, bon cru pour le blasphème", "Des points communs entre une pipe et un prophète", "Chasse Dieu à coups de pied, il revient enturbanné ", "Spinoza, reviens ! ").
Ainsi, en page 4 du journal, un article de Caroline FOUREST, sous le titre « TOUT CE FOIN POUR DOUZE DESSINS ! », est annoncé de la manière suivante : « Les journaux qui ont 'osé' publier les caricatures de Mahomet se voient menacés de représailles, tout comme les Etats ou leurs ressortissants considérés comme complices du blasphème. Face à cette déferlante de violence, Charlie tente d’analyser la polémique et ses conséquences. Histoire de montrer que la liberté d’expression doit être plus forte que l’intimidation ».
La journaliste y explique pourquoi, selon elle, Charlie, « comme d'autresjournaux français et européens, a décidé de publier ces dessins. Par solidarité. Pour montrer que l'Europe n'est pas un espace où le respect des religions prime sur la liberté d’expression. Parce que la provocation et l’irrévérence sont des armes pour faire reculer l'intimidation de l'esprit critique dont se nourrit l'obscurantisme ».
En France, plusieurs autres organes de la presse écrite ou audiovisuelle ont diffusé les dessins danois, dont le magazine L’EXPRESS.
Au Danemark, le procureur de VIBORG a pris la décision, confirmée par le procureur général, de ne pas engager de poursuites pénales à l’encontre du quotidien JYLLANDS-POSTEN. Sept associations locales ont alors saisi le tribunal d’AARHUS qui, le 26 octobre 2006, a rejeté les demandes formées à l’encontre de Carsten JUSTE, rédacteur en chef, et Flemining ROSE, responsable des pages culturelles du journal, en relevant notamment que si on ne pouvait « évidemment pas exclure » que trois des dessins - dont un est poursuivi dans le cadre de la présente procédure « aient été perçus comme calomnieux par certains musulmans », il n’était pas établi que « l'intention ayant conduit à leur publication ait été d’offenser les lecteurs ou d’exprimer des opinions de nature à discréditer (...) les musulmans aux yeux de leurs concitoyens ».
SUR CE, LE TRIBUNAL:
SUR LA PROCÉDURE: (...)
moyens écartés par le tribunal.
SUR L’ACTION PUBLIQUE:
Les parties civiles soutiennent principalement que malgré les nombreuses caricatures qui, selon elles, heurtent délibérément les musulmans dans leur foi, elles limitent les poursuites à trois d’entre elles, à savoir à celle de CABU publiée en couverture de l’hebdomadaire CHARLIE HEBDO et à deux des dessins danois reproduits en page 3. Ces trois dessins caractériseraient le délit d’injures publiques à l’égard d’un groupe de personnes, en l’occurrence les musulmans, à raison de leur religion, dès lors que la publication litigieuse s’inscrirait dans un plan mûrement réfléchi de provocation visant à heurter la communauté musulmane dans ses croyances les plus profondes, pour des raisons tenant à la fois à une islamophobie caractérisée et à des considérations purement commerciales.
Le prévenu fait, pour sa part, essentiellement valoir que l’illustration de couverture, propre à la tradition satirique du journal, ne vise que les intégristes musulmans, tandis que les deux autres caricatures, initialement publiées au Danemark, se sont trouvées au centre de l’actualité mondiale durant plusieurs semaines et ne visent qu’à dénoncer les mouvements terroristes commettant des attentats au nom du prophète MAHOMET et de l’islam, et non la communauté musulmane dans son ensemble. Philippe VAL soutient en outre qu’un nombre considérable de musulmans a défendu avec force la publication de ces caricatures, protestant contre l’instrumentalisation politique de ceux qui prétendaient parler en leur nom et réduire au silence tous ceux qui étaient davantage attachés à la liberté d’expression et à la laïcité qu’à un dogmatisme étroit.
- En droit:
Attendu que les présentes poursuites pénales sont fondées sur l’article 29, alinéa 2, de la loi du 29 juillet 1881 qui définit l’injure comme “toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’ aucun fait”, et sur l’article 33, alinéa 3, de la même loi qui punit « de six mois d’emprisonnement et de 22 500 € d’amende l’injure commise (...) envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » ;
Qu’il convient de rappeler que les dessins sont visés par l’article 23 de la loi sur la liberté de la presse, au même titre que tous les supports de l’écrit, de la parole ou de l’image, et que l’intention de nuire est présumée en matière d’injures ;
Attendu que les règles servant de fondement aux présentes poursuites doivent être appliquées à la lumière du principe à valeur constitutionnelle et conventionnelle de la liberté, d’expression ;
Attendu que celle-ci vaut non seulement pour les informations ou idées accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes dans une société déterminée, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent, ainsi que l’exigent les principes de pluralisme et de tolérance qui s’imposent particulièrement à une époque caractérisée par la coexistence de nombreuses croyances et confessions au sein de la nation ;
Attendu que l’exercice de cette liberté fondamentale comporte, aux termes mêmes de l’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, des devoirs et des responsabilités et peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions, prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires dans une société démocratique et qui doivent être proportionnées au but légitime poursuivi; que le droit à une jouissance paisible de la liberté de religion fait également l’objet d’une consécration par les textes supranationaux ;
Attendu qu’en France, société laïque et pluraliste, le respect de toutes les croyances va de pair avec la liberté de critiquer les religions quelles qu’elles soient et avec celle de représenter des sujets ou objets de vénération religieuse ; que le blasphème qui outrage la divinité ou la religion, n’y est pas réprimé à la différence de l’injure, dès lors qu’elle constitue une attaque personnelle et directe dirigée contre une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse ;
Attendu qu’il résulte de ces considérations que des restrictions peuvent être apportées à la liberté d’expression si celle-ci se manifeste de façon gratuitement offensante pour autrui, sans contribuer à une quelconque forme de débat public capable de favoriser le progrès dans les affaires du genre humain ;
- En fait:
Attendu qu'eu égard au droit applicable, il y a lieu d’examiner, pour chacun des trois dessins poursuivis, s’il revêt un caractère injurieux au sens de la loi sur la presse et quelles personnes il vise, puis de déterminer si le prononcé d’une sanction constituerait une restriction excessive à la liberté d’expression ou au contraire serait proportionné à un besoin social impérieux ; qu’il importe, pour ce faire, d’analyser tant les dessins eux-mêmes que le contexte dans lequel ils ont été publiés par le journal ;
Attendu que CHARLIE HEBDO est un journal satirique, contenant de nombreuses caricatures, que nul n’est obligé d’acheter ou de lire, à la différence d’autres supports tels que des affiches exposées sur la voie publique;
Attendu que toute caricature s’analyse en un portrait qui s’affranchit du bon goût pour remplir une fonction parodique, que ce soit sur le mode burlesque ou grotesque ; que l’exagération fonctionne alors à la manière du mot d’esprit qui permet de contourner la censure, d’utiliser l’ironie comme instrument de critique sociale et politique, en faisant appel au jugement et au débat ;
Attendu que le genre littéraire de la caricature, bien que délibérément provocant, participe à ce titre de là liberté d’expression et de communication des pensées et des opinions ; que, du fait de l’excès même de son contenu volontairement irrévérencieux, il doit être tenu compte de l’exagération et de la subjectivité inhérentes à ce mode d’expression pour analyser le sens et la portée des dessins litigieux, le droit à la critique et à l’humour n’étant cependant pas dépourvu de limites ;
Attendu que la première caricature publiée en couverture du journal est un dessin de CABU montrant un homme barbu, qui représente à l’évidence le prophète MAHOMET, se tenant la tête dans les mains, en disant “C’est dur d’être aimé par des cons...” ;
Attendu cependant que ce dernier terme, s’il constitue bien une expression outrageante, ne vise que, les “intégristes” expressément désignés dans le titre :
“MAHOMET DEBORDE PAR LES INTEGRISTES” ;
Attendu que c’est à tort que les parties civiles poursuivantes prétendent que ce dernier mot ferait seulement référence à un degré plus ou moins élevé de respect des dogmes, renvoyant à l’obscurantisme supposé des nombreux musulmans blessés par la publication renouvelée des caricatures danoises ; qu’en effet, les intégristes ne peuvent se confondre avec l’ensemble des musulmans, la Une de l’hebdomadaire ne se comprenant que si ce terme désigne les plus fondamentalistes d'entre eux qui, par leur extrémisme, amènent le prophète au désespoir en constatant le dévoiement de son message ;
Attendu que ce dessin ne saurait, dans ces conditions, être considéré comme répréhensible au regard de la prévention ;
Attendu que les deux autres caricatures poursuivies font partie de celles initialement, publiées par le journal danois JYLLANDS-POSTEN et reproduites en pages 2 et 3 de CHARLIE HEBDO ;
Que l’une est censée représenter le prophète MAHOMET accueillant des terroristes sur un nuage et s’exprimant dans les termes suivants : « Stop stop we ran out of virgins! », ce qui, d’après les parties civiles, peut être traduit par: « Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges » et se réfère au Coran selon lequel celui qui accomplit certains actes de foi sera promis, au paradis, à la compagnie de jeunes femmes vierges ;
Attendu que ce dessin évoque clairement les attentats-suicides perpétrés par certains musulmans et montre le prophète leur demandant d’y mettre fin ; que, néanmoins, il n’assimile pas islam et commission d’actes de terrorisme et ne vise donc pas davantage que le précédent l’ensemble des musulmans en raison de leur religion ;
Attendu que le dernier dessin incriminé montre le visage d’un homme barbu, à l’air sévère, coiffé d'un turban en forme de de bombe à la mèche allumée, sur lequel est inscrite en arabe la profession de foi de l’islam : « Allah est grand, Mahomet est son prophète » ; qu’il apparaît d’une facture très différente et beaucoup plus sombre que les onze autres caricatures danoises, elles-mêmes pourtant très diversifiées tant dans leur style qu’en ce qui concerne le sujet précisément traité ; qu’il ne porte nullement à rire ou à sourire mais inspire plutôt l’inquiétude et la peur ;
Attendu que, dans l’éditorial jouxtant ce dessin, Philippe VAL a notamment écrit :
« Quant au dessin représentant Mahomet avec une bombe dans le turban, il est suffisamment faible pour être interprété n'importe comment par n'importe qui, et le crime est dans l’oeil de celui qui regarde le dessin. Ce qu'il représente, ce n'est pas l’islam, mais la vision de l’islam et du prophète que s'en font les groupes terroristes musulmans » ;
Que le prévenu a maintenu à l’audience que ce dessin n’était, à ses yeux, que la dénonciation de la récupération de l’islam par des terroristes et qu’il ne se moquait que des extrémistes ;
Attendu que cette interprétation réductrice ne saurait être retenue en l’espèce ;
Attendu qu’en effet, dans son article publié en page 4 du même numéro de CHARLIE HEBDO, Caroline FOUREST admet volontiers que, parmi les dessinateurs danois, « ""un seul fait le lien entre le terrorisme et Mahomet, dont se revendiquent bel et bien des poseurs de bombes..."" » et que « ""ce dessin-là soulève particulièrement l’émoi"" »;
Attendu que l’un des témoins de la défense entendus par le tribunal, Abdelwabab MEDDEB, écrivain et universitaire, a insisté sur le caractère problématique de cette caricature en lien avec une longue tradition islamophobe montrant le prophète "belliqueux et concupiscent" ; qu’il a en outre déclaré que ce dessin pouvait être outrageant et constituer une manifestation d’islamophobie, dès lors que son interprétation est univoque en ce qu’il réduit un personnage multidimensionnel à un seul aspect ;
Qu’un autre témoin, Antoine SFEIR, politologue et rédacteur en chef des Cahiers de l’Orient, s’est dit ému à la vision de ce dessin, comprenant que l’on puisse en être choqué ;
Attendu que la représentation d’une bombe formant le turban même du prophète symbolise manifestement la violence terroriste dans nos sociétés contemporaines; que l’inscription de la profession de foi musulmane sur la bombe, dont la mèche est allumée et prête à exploser, laisse clairement entendre que cette violence terroriste serait inhérente à la religion musulmane ;
Attendu que si, que par sa portée, ce dessin apparaît, en soi et pris isolément, de nature à outrager l’ensemble des adeptes de cette foi et à les atteindre dans leur considération en raison de leur obédience, en ce qu’il les assimile - sans distinction ni nuance - à des fidèles d’un enseignement de la teneur, il ne saurait être apprécié, au regard de la loi pénale, indépendamment du contexte de sa publication ;
Qu’il convient, en effet, de le considérer dans ce cadre factuel, en tenant compte des manifestations violentes et de la polémique suscitées à l’époque, mais aussi de sa place dans le journal ;
Attendu que, relativement à la publication des caricatures de Mahomet, CHARLIE HEBDO ne s’est pas prévalu d’un objectif d’information du public sur un sujet d’actualité, mais a clairement revendiqué un acte de résistance à l’intimidation et de solidarité envers les journalistes menacés ou sanctionnés, en prônant « la provocation et l'irrévérence » et en se proposant ainsi de tester les limites de la liberte d’expression, que cette situation rend CHARLIE HEBDO peu suspect d' avoir, comme le prétendent les parties civiles, été déterminé à publier ces caricatures dans une perspective mercantile au motif qu’il s’agissait d’un numéro spécial ayant fait l’objet d’un tirage plus important et d’une durée de publication plus longue qu’à l’ordinaire ;
Attendu que la représentation du prophète avec un turban en forme de bombe à la mèche allumée a été reproduite en très petit format parmi les onze autres caricatures danoises, au sein d’une double page où figuraient également, outre l’éditorial de Philippe VAL, un texte en faveur de la liberté d’expression adressé à CHARLIE HEBDO par l’ASSOCIATION DU MANIFESTE DES LIBERTES (AML) rassemblant « des hommes et des femmes de culture musulmane qui portent des valeurs de laïcité et de partage », ainsi qu’un dessin de WOLINSKI montrant MAHOMET hilare à la vue des caricatures danoises ;
Attendu, surtout, que le dessin en cause, qui n’est que la reproduction d’une caricature publiée par un journal danois, est inclus dans un numéro spécial dont la couverture éditorialise l’ensemble du contenu et sert de présentation générale a la position de CHARLIE HEBDO, qu’en une telle occurrence il ne peut qu’être regardé comme participant à la réflexion dans le cadre d’un débat d'idées sur les dérives de certains tenants d’un islam intégriste ayant donne lieu a des débordements violents ;
Attendu qu’ainsi, en dépit du caractère choquant, voire blessant, de cette caricature pour la sensibilité des musulmans, le contexte et les circonstances de sa publication dans le journal CHARLIE HEBDO apparaissent exclusifs de toute volonté délibérée d’offenser directement et gratuitement l’ensemble des musulmans, que les limites admissibles de la liberté d’expression n’ont donc pas été dépassées, le dessin litigieux participant du débat public d'intérêt général né au sujet des dérives des musulmans qui commettent des agissements criminels en se revendiquant de cette religion et en prétendant qu’elle pourrait régir la sphère politique ;
Que le dernier dessin critiqué ne constitue dès lors pas une injure justifiant, dans une société démocratique une limitation du libre exercice du droit d'expression ;
Par ces motifs,
relaxe, et débouté des Parties civiles
voir:
http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2007/03/22/580-le-jugement-de-l-affaire-charlie-hebdo
jeudi 8 mars 2007
Hausse des plaintes contre des "bavures" policières
Pour fréquenter quotidiennement policiers et gendarmes, je témoigne de la qualité de la majorité d'entre eux. Certains font un boulot d'assistant(e) sociale dont les médias ne parlent jamais.
Reste que j'entends aussi de plus en plus souvent des "plaintes" sur des conditions d'interpellation qui laissent parfois pantois ! (cela visant les policiers -la palme revenant aux policiers municipaux plus qu'à la police nationale- jamais les gendarmes!)
J'y vois un manque de formation, l'immaturité de certains éléments, le "mépris" des politiques, nonobstant de leurs discours lénifiants toutes tendances confondues.
Les intervenants de terrain, mieux formés, mieux encadrés, mieux payés seraient plus efficaces, et j'ai la conviction que les "bavures" deviendraient exceptionnelles.
Menottages abusifs, fouilles trop poussées, violences contre des manifestants anti-CPE et en prison contre des détenus : le nombre de plaintes déposées à la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a grimpé de 30 % en 2006 par rapport à 2005, selon son rapport annuel publié jeudi 8 mars. (source: LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 08.03.07 | 07h20 • Mis à jour le 08.03.07 | 07h58)
En 2006, 140 dossiers ont été enregistrés à la CNDS, instance administrative indépendante créée en 2000 chargée de veiller au respect de la déontologie par les personnes chargées d'une mission de sécurité, contre 108 dossiers en 2005, 97 en 2004, 70 en 2003, 40 en 2002, dit le rapport. La majorité des plaintes émises en 2006 concerne l'action de la police nationale (62 %). Elle explique la hausse des saisines par une "notoriété croissante après six ans de fonctionnement". La CNDS peut être saisie par tout citoyen à condition qu'il passe par l'intermédiaire d'un parlementaire ou de la Défenseure des enfants s'il s'agit d'un mineur.
mercredi 28 février 2007
Cherchez l'erreur !

Mardi 27 février
Les éléphants sont aujourd'hui menacés d'extinction, selon une étude américaine. L'ampleur de la contrebande d' ivoire saisie en 2006 laisse penser que «l'abattage des éléphants a atteint un rythme sans précédent depuis l'entrée en vigueur de la convention internationale de Washington (qui interdit tout commerce de l'ivoire depuis 1989 ndlr)», affirme Samuel Wasser, directeur du centre de préservation des espèces de l'Université de l'Etat de Washington et principal auteur de l'étude. Il avance le chiffre de 23.000 éléphants abattus pour une contrebande mondiale évaluée à 234 tonnes d'ivoire en 2006.
(merci à ALG qui m'a transmis cette info et partage mon écoeurement)
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25.02.07
Le WWF prône le retour à l'abattage des éléphants
(oui vous avez bien lu! le WWF qui prétend veiller à la sauvegarde de la faune sauvage menacée!)
JOHANNESBURG (Reuters) - L'Afrique du Sud devrait songer à rétablir l'abattage des éléphants en raison de la menace que fait peser sur l'habitat la prolifération des pachydermes, a estimé le Fonds mondial pour la nature (WWF).
"Ces dix dernières années, le nombre d'éléphants a augmenté dans les zones protégées de telle manière qu'ils sont en train de détruire l'habitat et la végétation", a déclaré à Reuters Rob Little, directeur du WWF pour l'Afrique du Sud. "Nous pensons que l'abattage est à envisager en dernier recours mais qu'il faut néanmoins étudier cette hypothèse".
L'an dernier, les autorités sud-africaines avaient reporté la mise en oeuvre d'une politique controversée de reprise de l'abattage des éléphants au parc national Kruger en raison de l'opposition bruyante de défenseurs de l'environnement. Ces derniers dénoncent la cruauté de cette politique d'élimination consistant à traquer, puis à abattre des familles entières d'éléphants.
Selon les experts du gouvernement, la population des éléphants du Kruger, fleuron des parcs nationaux, dépasse le chiffre de 12.000 depuis l'arrêt de l'abattage en 1994 après une levée de boucliers dans l'opinion publique. Le nombre de pachydermes dans les autres réserves, moins étendues, est également en augmentation.
Ces dernières décennies, l'Afrique du Sud a tenté de gérer le problème de son surplus d'éléphants en transférant des hardes de pachydermes d'une région à l'autre et, parfois, en étendant les zones protégées.
Le WWF a fait cette recommandation alors que le ministère du Tourisme et de l'Environnement doit dévoiler mercredi sa nouvelle politique en matière de gestion des populations d'éléphants.
No comment pour ma part: je risquerais de dépasser les limites de la bienséance !
dimanche 25 février 2007
Jean Jaurés, le vrai, dans le texte...

« Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. A toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité, en prenant sur soi les dangers.
Le courage, pour l’entrepreneur, c’est l’esprit de l’entreprise et le refus de recourir à l’Etat ; pour le technicien, c’est le refus de transiger sur la qualité ; pour le directeur du personnel ou le directeur d’usine, c’est la défense de la maison, c’est dans la maison, la défense de l’autorité et, avec elle, celle de la discipline et de l’ordre.
Dans la moyenne industrie, il y a beaucoup de patrons qui sont à eux mêmes, au moins dans une large mesure, leur caissier, leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître ; et ils ont avec la fatigue du corps, le souci de l’esprit que les ouvriers n’ont que par intervalles. Ils vivent dans un monde de lutte où la solidarité est inconnue. Jusqu’ici, dans aucun pays, les patrons n’ont pu se concerter pour se mettre à l’abri, au moins dans une large mesure, contre les faillites qui peuvent détruire en un jour la fortune et le crédit d’un industriel.
Entre tous les producteurs, c’est la lutte sans merci ; pour se disputer la clientèle, ils abaissent jusqu’à la dernière limite, dans les années de crise, le prix de vente des marchandises, ils descendent même au dessous des prix de revient. Ils sont obligés d’accepter des délais de paiement qui sont pour leurs acheteurs une marge ouverte à la faillite et, s’il survient le moindre revers, le banquier aux aguets veut être payé dans les vingt-quatre heures.
Lorsque les ouvriers accusent les patrons d’être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d’argent pour s’amuser, ils ne comprennent pas bien l’âme patronale. Sans doute, il y a des patrons qui s’amusent, mais ce qu’ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c’est gagner la bataille. Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donnent pas une jouissance de plus ; en tout cas, ce n’est point surtout à cela qu’ils songent. Ils sont heureux, quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n’est pas perdue, qu’il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards il est sorti quelque chose et que leur puissance d’action est accrue.
Non, en vérité, le patronat, tel que la société actuelle le fait, n’est pas une condition enviable. Et ce n’est pas avec les sentiments de colère et de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut être le prélude de la justice ! »
jurisprudence...
Par ces motifs: statuant publiquement et contradictoirement, infirme le jugement, déboute le sieur Rougier de son action et le condamne aux dépens…”.
(Cour d’appel de Riom, 1ère chambre civile, 7 septembre 1995. )
source et autres documents à
http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/
et sur Pascale Robert-Diard: http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/a-propos/
samedi 24 février 2007
Régis Debray... Philippe Bilger
adhérer aux idées ou les rejeter ,
mais on ne peut qu'admirer le style, de l'un comme de l'autre...
Dommage que nos candidats, toutes tendances confondues, n’aient pas des plumes de cette qualité...
Ce qu’en dit Philippe BILGER sur son blog
http://www.philippebilger.com/blog/2007/02/regis_debray_ou.html
mardi 13 février 2007
salut à toi dame bêtise... (Brel)
Raymond Aron disait:
" Il ne faut jamais sous estimer le rôle de la bêtise dans l'histoire"
mardi 6 février 2007
Soyez le juge des comparutions immédiates

EXERCICE
SPECIAL ELEVES AVOCATS, CANDIDATS À L'ENM, ET ETUDIANTS EN DROIT
allez sur
puis sur
vous ne le regretterez pas !
=========================================
Mes étudiants connaissent mon intérêt, jamais déçu, pour
ce blog, d'un confrère parisien aussi talentueux que pédagogue
http://maitre.eolas.free.fr/et celui de Philippe BILGER (Avocat Général près la cour d'appel de Paris)...
http://www.philippebilger.com/blog/justice/index.html
à ceux qui les méconnaissent encore: j'en conseille -une fois de plus- la consultation régulière
jeudi 1 février 2007
Jean-François Revel...
Jean-François Revel
dimanche 21 janvier 2007
Instruction aux jurés des Cours d'Assises

La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d'une preuve ; elle leur prescrit de s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l'accusé, et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : "Avez-vous une intime conviction ?"
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A propos des assises
Lecteurs étudiants, ou futurs confrères, lisez, et relisez, les 3 excellents billets qu’a consacré à ce sujet EOLAS, “Petit vademecum à l'usage des jurés d'assises” ... Ce sont de petits chefs d’oeuvre et vous y apprendrez plus que dans la plupart des manuels !
http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2007/01/15
http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2007/01/16
http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2007/01/19/517-petit-vademecum-a-l-usage-des-jures-d-assises-3
outre:
http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2007/01/31/524-la-recusation-des-jures
http://maitre.eolas.free.fr/journal/tb.php?id=550&chk=jd3nsq
samedi 20 janvier 2007
Une fatwa au pays de Voltaire, par Dominique Dhombres
Robert Redeker est ce professeur de philosophie qui a publié, le 19 septembre 2006 dans Le Figaro, une tribune dans laquelle il qualifie Mahomet de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame".
Du jour au lendemain, sa vie bascule. Il reçoit des menaces de mort et fait l'objet, sur un site islamiste crypté surveillé par la DST, d'une fatwa appelant à l'assassiner. Ce ne sont pas des propos en l'air : sa photo, son numéro de téléphone, son adresse personnelle et celle du lycée où il enseigne, près de Toulouse, accompagnent cette condamnation à mort.
Dès lors, comme jadis Salman Rushdie, Robert Redeker vit sous constante protection policière. Il doit sans cesse changer d'appartement, à ses propres frais. Des gendarmes veillent en permanence à sa sécurité. Quand il conduit sa voiture ou marche dans la rue, des inspecteurs des renseignements généraux l'accompagnent. Plus question, bien sûr, d'enseigner la philosophie.
"J'ai commencé une vie d'errance, une vie de SDF, de domicile en domicile, une vie cachée. Ce sont des choses difficiles à imaginer avant d'entrer dans ce tourbillon, explique-t-il..../...
.../...
"Je suis, sans condition, solidaire de Robert Redeker, mais je suis en total désaccord avec le contenu de son article", disait Henri Pena-Ruiz. "Vous faites une lecture sélective des textes fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l'islam. Vous ne citez du Coran, par exemple, que les textes qui vont dans le sens de la violence. Vous auriez pu tout aussi bien citer des textes de l'Ancien Testament qui vont dans le même sens", ajoutait ce philosophe, ardent défenseur de la laïcité.
Un vrai débat pouvait alors s'engager. Robert Redeker maintenait l'affirmation centrale contenue dans son article : le Coran est un livre d'une violence inouïe. Il croit également toujours que "Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine". Ce dernier propos ne pouvait être accepté par l'écrivain Abdelwahab Meddeb. Ce dernier affirmait, lui aussi, sa solidarité avec Robert Redeker, tout en rappelant un autre visage, plus doux, du Prophète.
Les uns et les autres tombaient au moins d'accord sur une formule célèbre : "Je hais vos idées, mais je me ferais tuer pour que vous ayez le droit de les exprimer !" Ainsi parlait Voltaire.
jeudi 18 janvier 2007
La justice française face au négationnisme
http://www.liberation.fr/actualite/societe/229418.FR.php
source LIBERATION.FR : jeudi 18 janvier 2007
Le numéro 2 du FN était poursuivi pour «contestation de l’existence de crime contre l’humanité par paroles» Par A.D. (avec agences)
LIBERATION.FR : jeudi 18 janvier 2007
«Je ne remet pas en cause les déportations ni les millions de morts des camps nazis» mais «quand à savoir la façon dont ces gens sont morts, ce débat doit avoir lieu». Ces propos, tenu par Bruno Gollnisch, lors d’une conférence de presse à Lyon le 11 octobre 2004, lui ont valu jeudi une condamnation de trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon. Cette sanction est assortie d’une amende de 55.000 euros, à répartir entre les neuf parties civiles.
Le jour de l’hommage rendu aux «Juste de France», le tribunal a en outre exigé du numéro deux du FN, récemment nommé à la tête du nouveau groupe d’extrême-droite au Parlement européen, qu’il finance la publication de ce jugement dans la presse.
.../...
Bruno Gollnisch n'a pas tardé à réagir à sa condamnation. Dans un communiqué, il a dénoncé «une grave dérive de la police de la pensée» et une «défaite de la liberté d'expression». «La loi du communiste Gayssot (qui date de 1990), censée protéger la mémoire, n'aboutit qu'à interdire toute discussion sur l'histoire», poursuit-il. Le numéro deux du FN fera «naturellement appel de ce jugement» car il estime que «rien n'est plus insupportable que l'injustice de la justice».
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La condamnation du député européen FN Bruno Gollnisch pour révisionnisme, fait suite à plusieurs décisions judiciaires concernant ce délit.
• 8 juillet 1981: le tribunal de Paris condamne Robert Faurisson, professeur de littérature à l'université de Lyon, à verser 1 franc symbolique à des associations d'anciens déportés, non pour sa négation du génocide des juifs mais pour manquement à un «devoir élémentaire de prudence» dans l'exposé de thèses de nature à choquer. Faurisson sera condamné à plusieurs reprises pour la répétition de son opinion. Le 11 janvier, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire visant ses propos tenus à la Conférence sur l'Holocauste, à Téhéran, les 11 et 12 décembre 2006.
• 12 janvier 1990: la cour d'appel de Rennes constate la prescription des poursuites menées contre Henri Roques, auteur d'une thèse de doctorat révisionniste à Nantes le 15 juin 1985, qui contestait les confessions du nazi Kurt Gerstein sur le fonctionnement des camps de la mort.
• 16 décembre 1998: le philosophe communiste Roger Garaudy est condamné à Paris à 9 mois d'emprisonnement avec sursis et près de 25.000 euros d'amende pour son livre Les mythes fondateurs de la politique israélienne (décembre 1995), dans lequel il conteste l'existence des chambres à gaz.
• 27 septembre 2000: Jean-Louis Berger, enseignant en Moselle, est condamné à un an d'emprisonnement avec sursis pour la négation de l'existence des chambres à gaz. La condamnation est annulée le 24 novembre 2001 en cassation car les poursuites ont été engagées alors que le dossier était prescrit.
• 25 juin 2003: l'universitaire Jean Plantin est condamné à 6 mois d'emprisonnement à Lyon pour l'édition de sa revue négationniste Akribeia, malgré l'interdiction liée à deux condamnations de 1999. Le 13 jan 2004, il obtient en justice le rétablissement de ses diplômes d'historien annulés par l'université.
• 9 juin 2004: Vincent Reynouard, auteur d'une cassette vidéo intitulée La tragédie d'Oradour-sur-Glane : 50 ans de mensonges officiels, est condamné à Limoges à deux ans d'emprisonnement dont six mois ferme, pour «apologie de crimes de guerre». La condamnation est annulée le 13 avril 2005 par la Cour de cassation qui déclare que le texte ne contient pas d'apologie.
• 13 juin 2005: le tribunal de Paris ordonne aux fournisseurs d'accès à internet d'empêcher l'accès des internautes français au site révisionniste Aaargh.
• 17 mai 2006: Georges Theil, ancien conseiller régional FN, est condamné à Lyon à six mois d'emprisonnement pour avoir évoqué «le fantasme» des chambres à gaz en 2004 dans une interview à TV8 Mont-Blanc. En 2001 et 2005, il avait été condamné à Limoges et Grenoble pour des faits semblables.
http://www.liberation.fr/actualite/societe/229415.FR.php
© Libération
mercredi 17 janvier 2007
la bêtise humaine n'a pas de frontière... hélas...

mercredi 17 janvier 2007, 17h11
Des gorilles du parc des Virunga mangés par les rebelles de Laurent Nkunda
DAKAR (AP) - Les rebelles de l'est du Congo-Kinshasa ont tué et mangé au moins deux gorilles des montagnes, ont annoncé mercredi les conservateurs du parc national des Virunga, disant craindre que d'autres de ces primates, membres d'une espèce en voie de disparition, aient subi le même sort.
Sur les quelque 700 gorilles des montagnes qu'on pense encore exister sur la planète, 380 vivent dans la chaîne de montagnes volcaniques qui s'étendent entre le Congo-Kinshasa, le Rwanda, et l'Ouganda, au milieu de cette Afrique centrale également en proie à la guerre et au chaos depuis de longues années.
Un cadavre de gorille démembré a été découvert mardi non loin d'un poste de garde-forestier du parc des Virunga, abandonné en raison d'attaques de la rébellion, selon le Fonds de protection pour l'Afrique, basé à Londres. Un autre gorille a été tué dans le même secteur le 5 janvier.
Les coupables seraient les hommes de Laurent Nkunda, l'ancien général passé à la rébellion à la tête de plusieurs milliers d'hommes, qui sévissent actuellement au Kivu.
Paulin Ngobobo, un des plus anciens gardiens du parc, a témoigné sur Internet de la découverte de ces cadavres: "le gorille avait été tué pour sa viande. Son nom était Karema, un gorille solitaire (...) suffisamment habitué à la présence humaine pour se laisser approcher et toucher". "Les gorilles qui restent sont extrêmement vulnérables", ajoute-t-il sur son blog.
Selon Robert Muir, de la société zoologique de Francfort, il faut faire comprendre à Nkunda et à ses hommes qu'il est "inexcusable" de tuer ces animaux qui sont un "patrimoine national et mondial d'une importance considérable".
Quant aux derniers hippopotames du Congo-Kinshasa, eux aussi vivant dans les Virunga, il sont également menacés d'extinction par les rebelles et autres miliciens: plus de 400 ont été tués l'année dernière pour leur viande. Il n'en reste plus que 900, contre 22.000 en 1998.
Depuis la guerre et le génocide au Rwanda en 1994, et les mouvements de population massifs qu'ils ont déclenché, le parc des Virunga est dévasté par les braconniers, la déforestation, sans compter les combattants et les affrontements. Depuis 1996, dans ce seul parc, 87 gardes forestiers ont été tués en service.
Sur le Net:
Le blog de Paulin Ngobobo:
http://www.wildlifedirect.org/gorillaprotection
AP
samedi 13 janvier 2007
à lire: Le Pingouin - Andreï Kourkov

Je dois à une future consoeur - ma stagiaire préférée! - d’avoir découvert un auteur...que j’ai adoré...
Andreï Kourkov est né en 1961 et vit à Kiev. Polyglotte – il parle 9 langues – gardien de prison à Odessa, emploi qui lui laisse le temps d’écrire…. Son premier roman, Le Pingouin, a remporté un succès international.
L’histoire est décapante... Victor Zolotarev a recueilli chez lui un pingouin que le zoo de Kiev, au bord de la faillite, n'avait plus les moyens de nourrir. Micha est comme tous les animaux grégaires: sans ses congénères, il est perdu, désorienté et plonge dans la neurasthénie. Dépressif, Victor l'est aussi. Journaliste au chômage, c'est à peine s'il a de quoi survivre. Et nourrir deux personnes n'est pas une mince affaire dans un pays déboulonné. Lorsqu'un patron de presse lui propose d'écrire des "petites croix", des nécrologies pour des personnalités pourtant encore en vie, Victor ne se pose aucune question et fonce. C'est un boulot tranquille et lucratif. Il rédige avec fougue des notices fleuries, jusqu'au jour où les "petites croix" se mettent à mourir, de plus en plus nombreuses.
S'agit-il de crimes commandés par la mafia ? De règlements de comptes politiques ? Malgré les ballets de limousines, les visites nocturnes dans son appartement, les enterrements somptueux où Micha parade, Victor reste le témoin passif d'un monde déboussolé et sans règles, où domine la loi du plus fort, métaphore de l'ex-Union soviétique.
Le Pingouin est un roman à suspense, qui manie avec légèreté l'humour tragique, fait de l'absurde une norme et du sordide un univers comique.
à découvrir absolument!
Le Pingouin - Andreï Kourkov
Auteur Andreï Kourkov
Traduction Nathalie Amargier
http://www.polemia.com/contenu.php?cat_id=43&iddoc=1181
http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=48178/idR=200
Message personnel à l’adorable jeune femme à qui je dois cette découverte:
• pardon de ne pas encore t’avoir rendu ce livre que tu m’as gentiment prêté!
• Ma seule excuse c’est de l’avoir relu et d’avoir voulu que mon épouse le lise!
• Promis je te le restitue lors de notre prochaine rencontre!
juin 2007 C'est fait !
à mes étudiants, et à ceux de l’EDAGO (C.R.F.P.A. de Rennes)

Liens utiles à connaitre pour se familiariser avec les univers "magistrat" et "avocat"
1) Absolument incontournable pour quiconque songe à la magistrature:
le site de l'ENM
http://www.enm.justice.fr/
+ ceux des 2 principaux syndicats de magistrats
à gauche
http://www.syndicat-magistrature.org/
plus conservateur
http://usm2000.free.fr/presentation.php3
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2) pour le barreau...
liens vers des sites que je suggère là aussi de visiter , au moins pour en connaître l'existence:
• celui du SAF (syndicat des avocats de france), syndicat marqué à gauche
http://www.lesaf.org/
• la CNA (confédération nationale des avocats) théoriquement apolitique mais en fait assez marqué à droite...
http://www.cna-avocats.com/
• en général, tout jeune avocat normalement constitué fait un tour à la FNUJA
http://www.fnuja.com/
• ne surtout pas confondre le CNB (conseil national des barreaux) qui
constitue la représentation nationale
http://www.cnb.avocat.fr/
• avec la CNBF (caisse nationale des barreaux français) qui gère les
retraites des avocats... et les cotisations durant la vie
professionnelle
http://www.cnbf.fr/
jeudi 11 janvier 2007
conseils de lecture

à lire cet ouvrage qui vient de paraitre
Le temps des Victimes
de Caroline Eliacheff, Daniel Soulez Larivière
Alors que notre société prône le culte du gagnant, la figure de la victime en est arrivée à occuper celle du héros. La médiatisation des catastrophes a révélé que l'unanimité compassionnelle était en train de devenir l'ultime expression du lien social. Et les demandes de réparation auprès des psychiatres et des juristes sont sans fin. Jusqu'où irons-nous dans cette « victimisation » généralisée ?
Caroline Eliacheff et Daniel Soulez Larivière croisent leurs expériences et leurs disciplines pour démonter et explorer ce courant qui a émergé dans les années 80 sur tous les fronts et se nourrit de l'idéal égalitaire et de l'individualisme démocratique. Ils dénoncent les dangers que nous fait courir ce primat du compassionnel et de l'émotionnel qui, parfois déjà, affecte l'intérêt des victimes et pourrait se retourner contre la société tout entière.
mercredi 10 janvier 2007
Le procureur général de la Cour de cassation veut couper le cordon entre le pouvoir et le parquet.

J'ai eu l'honneur et le plaisir d'avoir comme professeur Jean-Louis NADAL, à la lointaine époque où je pensais que ma vocation était la Magistrature.
J'en ai conservé le souvenir d'un homme brillant, cultivé, courtois et sympathique, travailleur acharné, et j'ai encore le regret de ne pas avoir suivi tous ses conseils.
Il m'a appris la curiosité et donné le goût de "la culture générale" au meilleur sens de l'expression.
Je le lis toujours avec intérêt...
NOTA Jean-Louis Nadal a été procureur général à Bastia entre 1991 et 1992.
Le voeu d'indépendance de Jean-Louis Nadal
Éric DECOUTY.
Publié le 09 janvier 2007 Actualisé le 09 janvier 2007 : 08h28
source LE FIGARO
http://www.lefigaro.fr/france/20070109.FIG000000223_le_voeu_d_independance_de_jean_louis_nadal.html
Hier, devant Dominique de Villepin, Jean-Louis Nadal a préconisé l'arrêt des instructions individuelles venues du garde des Sceaux.
Le procureur général de la Cour de cassation veut couper le cordon entre le pouvoir et le parquet.
EST-CE l'approche des élections présidentielles ? Un étonnant souffle d'indépendance court actuellement dans la haute magistrature française. La semaine dernière, dans Le Figaro, Renaud Chazal de Mauriac, le premier président de la cour d'appel de Paris, évoquait le surcroît d'indépendance que devait acquérir le parquet à l'égard du pouvoir politique. Hier, Jean-Louis Nadal, le procureur général de la Cour de cassation, est allé encore plus loin.
Lors de l'audience solennelle de la juridiction suprême et devant le premier ministre et le garde des Sceaux, le plus haut représentant du parquet n'a pas mâché ses mots. « La première vertu de la justice est l'indépendance, a-t-il déclaré dans son discours. Sans indépendance, pas d'impartialité et sans impartialité, pas de justice. Or, le parquet n'est pas indépendant. » Pour Jean-Louis Nadal, une véritable « crise identitaire » frappe l'institution judiciaire « et plus particulièrement le parquet ».
Et le procureur général d'égrener les maux d'un parquet trop étroitement lié au gouvernement. « N'est-il pas regrettable que le ministère public (...) soit l'objet de suspicions pour des raisons bien connues ? Comment trouver satisfaisant que nombre de décisions du parquet à fort retentissement médiatique s'accompagnent de critiques », au même titre que « certaines nominations ? ».
Police rattachée au parquet
Si le constat n'est pas nouveau, il est unique pour un procureur général de la Cour de cassation. D'autant que Jean-Louis Nadal l'a prolongé avec des propositions concrètes. Selon lui, « une réforme profonde » doit être engagée afin « de clarifier le lien hiérarchique avec le pouvoir exécutif ». Pour cela il préconise notamment l'arrêt des instructions individuelles venues du garde des Sceaux.
Nadal a aussi demandé solennellement que « le parquet ait réellement les moyens de contrôler et de diriger la police judiciaire ». Elle doit selon lui être « au moins pour partie rattachée » au ministère de la Justice et plus, comme aujourd'hui, entièrement à l'Intérieur.
À l'évidence, au lendemain du désastre d'Outreau, d'une réforme minimaliste et des polémiques autour des déclarations de Nicolas Sarkozy sur la justice des mineurs, les plus hauts magistrats semblent bien décidés à inviter la justice dans la campagne électorale qui s'engage.
Lire
Le discours de Jean-Louis Nadal, Procureur général près de la Cour de cassation
Le discours de Guy Canivet, premier président de la Cour de cassation
Le discours de Franco Frattini, Vice-président de la Commission européenne, chargé de la justice, de la liberté et de la sécurité
via http://www.lefigaro.fr/france/20070109.FIG000000223_le_voeu_d_independance_de_jean_louis_nadal.html
samedi 6 janvier 2007
du mépris de nos "élites"
Une étudiante me remercie, très gentiment, de l'avoir reçue et écoutée... Ceci me touche, mais aussi me navre, puisqu'elle m'a appris, lors de notre entretien, qu'après avoir contacté certains de mes collègues, elle n'avait même pas eu la courtoisie d'une réponse.
Il ne se passe pas une semaine sans que me reviennent aux oreilles des témoignages de ce genre !
Savoir que des étudiant(e)s redoutent de confier leurs soucis aux enseignants - ou sont éconduit s'ils le font - me semble révélateur du niveau de prétention où sont arrivés nombre d' universitaires !
Quel gâchis! ...hélas à l'image de la société française...
J'emprunte ce qui suit à un "gauchiste repenti" qui l'exprime mieux que je ne puis le faire:
"Il suffit de comparer les rapports sociaux dans notre pays à ceux qui existent aux Etats-Unis pour comprendre à quel point notre société est hiérarchisée, figée, sclérosée. Le moindre cadre, universitaire ou animateur télé chez nous écrase de son mépris le commun des mortels tel un petit marquis du XVIIIème, alors qu’un milliardaire américain considérera celui qui est moins riche que lui comme un égal qui n’a simplement pas aussi bien réussi que lui.
On ne cesse de dire en France que la société américaine est inégalitaire, mais la notre est bien pire puisqu’elle est totalement bloquée, l’ascenseur social ne fonctionnant plus depuis belle lurette. Qu’importe qu’il y ait des riches et des pauvres, tant qu’un individu né pauvre n’est pas destiné à le rester ! Peu me chaut qu’il y ait des inégalités entre riches et pauvres, si ces derniers, à force de travail, peuvent devenir riches. Ce qui est presque impossible en France. Et même si c’était le cas, ils resteraient toujours, pour les « vraies » élites, des parvenus. Il faut avoir subi le mépris d’un bourgeois humaniste de gauche pour comprendre que l’égalité chez nous est un simple mythe, qui n’a d’autre fonction que de donner bonne conscience aux privilégiés de naissance. "
http://legauchisterepenti.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1089524
vendredi 5 janvier 2007
" Qui peut juger sans frémir sur terre ? " Verlaine
“A Sa Majesté appartient de savoir comme sa justice est administrée, et si ses juges font leur devoir : c'est trop grande arrogance quand les juges maintiennent qu'ils ne peuvent errer ou faillir, ce qui est commun à tous les hommes”
Michel de L'Hospital chancelier de France
(harangue au Parlement de Rouen, le 17 août 1563, à l'occasion de la majorité de Charles IX)
